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JoséPliya

Comment le Bénin développe le tourisme durable

José Pliya est le directeur de l’Agence Nationale de promotion des Patrimoines et de développement du Tourisme (ANPT).

Pourquoi le Gouvernement a-t-il décidé de faire du tourisme l’un des secteurs stratégiques du programme Bénin Révélé ?

Le Bénin possède un potentiel méconnu en termes de tourisme et de patrimoine. Aujourd’hui, moins de 5% de ce potentiel est exploité, et cela malgré des liens forts entre l’histoire du Bénin et l’histoire du monde.

Au cours des quatre prochaines années, six projets phares pour le tourisme seront mis en place. Ils permettront au monde de découvrir les trésors du Bénin, de la Pendjari, dernière réserve naturelle d’Afrique de l’ouest, au nord, aux 140 km de la côte atlantique, au sud.

En investissant plus d’un milliard d’euros dans le secteur du tourisme, dont une forte proportion viendra de partenariats public-privé, notre objectif est non seulement de révéler le Bénin au monde, mais aussi de faire du tourisme un moteur de développement économique au service de la population béninoise, tout en offrant de réelles opportunités pour les acteurs internationaux.

Vous parlez de potentiel méconnu. Qu’est-ce le Bénin a à offrir et que le monde ne connait pas ?

Le Bénin possède un patrimoine culturel riche et insoupçonné. Il est par exemple le berceau du vaudou, qui s’est diffusée jusqu’à  Haïti, la Louisiane, Cuba, et le Brésil. Plus qu’une religion, c’est une véritable culture qui occupera une place centrale dans notre projet pour Ouidah.

Un peu plus au nord, à environ 40 km de Cotonou, se trouve la cité lacustre de Ganvié, qui est la plus grande d’Afrique avec 30 000 habitants. Construite sur un magnifique lac d’eau douce, cette cité caractéristique est aussi appelée la Venise d’Afrique. En ce moment-même, le Gouvernement travaille étroitement avec la communauté locale afin de rénover et restaurer ce trésor culturel.

Enfin, plusieurs actions sont déjà en cours pour préserver et protéger le Parc National de la Pendjari, la dernière grande réserve naturelle d’Afrique de l’ouest. Elle abrite de nombreuses espèces dont les « big 4 » (buffles, léopards, lions et éléphants), et nous étudions par ailleurs la possibilité d’y intégrer des rhinocéros.

Ces projets sont cruciaux pour développer le tourisme, sur le long-terme. Notre objectif est maintenant de trouver les bons partenaires pour donner vie à cette vision, et nous permettre d’accueillir, d’ici 2021, 700 000 visiteurs provenant du monde entier.

Cette année nous avons d’ores et déjà  reçu le soutien de la Banque Mondiale et du FMI, et posé les bases d’une collaboration avec deux acteurs reconnus du tourisme : African Parks Network et la Smithsonian Institution.

Le tourisme durable est vu comme un instrument pour le développement. Dans quelle mesure les projets phares pour le tourisme sont-ils durables ?

Tous les projets touristiques du programme Bénin Révélé reposent sur une approche durable. Il ne s’agit pas seulement d’engager des actions immédiates, mais aussi de doter le pays d’une vision de long terme qui bénéficiera à tous.

Notre approche repose sur trois aspects :

  1. Sur le plan économique, une croissance inclusive, avec la création de milliers d’emplois pour tous et la participation des béninois au développement de l’industrie, notamment à travers des programmes de formation,
  2. D’un point de vue culturel, la préservation et la promotion la diversité et l’identité unique du Bénin,
  3. Enfin, des avancées sur le plan environnemental, avec la préservation et le développement des espaces naturels béninois.

Encore une fois, il s’agit de faire du tourisme un levier de développement économique durable pour le pays.